Atelier de poésie avec Karianne Trudeau Beaunoyer

Crédit visuel: Moebius

Dimanche 14 août, à 13h, au 7420 rue St-Hubert, Montréal.

Animation: Karianne Trudeau Beaunoyer

Durée: 3h

Tarif: 25$ par personne (seulement 12 places disponibles, réservez rapidement!)

Billets: https://revuemoebius.com/produit/atelier-de-poesie/

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Description de l’atelier:

Je voudrais qu’on se consacre à l’impossible

Peuvent être impossibles: une mission, un amour, un rêve, un dialogue, un pari, une victoire, une synthèse ou une séparation, l’unanimité, la guérison, l’espoir, la fuite, un choix, et tant d’autres choses encore. Un proverbe dit que, «à l’impossible, nul n’est tenu», signifiant qu’on ne peut exiger des autres des choses impossibles. C’est toutefois l’invitation que j’ai envie de lancer aux participant·e·s de cet atelier, non sous le signe d’une exigence impossible à satisfaire, mais plutôt suivant une dynamique exploratoire où il serait attendu que tou·te·s s’engouffreront sans doute dans une impasse.

Les poèmes sont peut-être les formes d’entre les formes qui reposent le plus sur la création d’images. Les figures de style à l’origine de ces images poétiques, comme la métaphore, la comparaison, la métonymie, permettent aux mots de dévier de leur usage commun et de créer un effet sur le destinataire du texte. Parmi ces figures, l’hypotypose consiste à décrire une scène de manière si frappante qu’on croit la vivre. C’est l’image des choses si bien représentée qu’on croirait plutôt la voir que la lire.

Que serait, par exemple, l’hypotypose de la revenance d’un fantôme? Comment peut-on faire voir, dans l’écriture, quelque chose qui, par définition, échappe aux regards et à la vue? Le fantôme n’est pas à entendre, ici, en son sens littéral, mais désigne plutôt ce qui se tient entre deux mondes, ce qui est absent mais présent par la hantise ou la rumination. Pour Henri Michaux, par exemple, c’est «un être fluidique qui ne correspond pas aux os et à la peau par-dessus», pour Evelyn Grossman il s’agit «non [du] visage [mais des] traits intérieurs». Chacun·e peut bien sûr arriver à l’atelier avec son propre fantôme, sa propre définition de ce que nous ne sommes pas censé·e·s voir.

C’est à partir de ces questions que les participant·e·s seront invité·e·s à réfléchir et à écrire. Une partie de l’atelier sera consacrée à une discussion autour des façons de faire image avec le langage et à la mise en commun des figures fantomatiques choisi·e·s et des scènes de résurgence qui occuperont les participant·e·s. Le temps d’écriture sera suivi d’un retour en groupe où celleux qui le désirent pourront partager le résultat de leur exploration.

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Karianne Trudeau Beaunoyer vit à Tiohtià:ke/Montréal, où elle écrit et enseigne. Au Quartanier, elle est l’autrice de Je suis l’ennemie (prix Émile-Nelligan 2020, finaliste au prix Alain-Grandbois 2021), et a codirigé, dans la collection « Indiscipline » du Groupe Nota bene, l’ouvrage Se faire éclaté·e : expériences marginales et écritures de soi. Titulaire d’un diplôme de maîtrise en recherche et création littéraire, elle s’intéresse actuellement à l’autoportrait en littérature dans le cadre d’un doctorat à l’Université de Montréal. Elle a dirigé la collection « Poèmes » des éditions Triptyque de 2016 à 2019 et a été membre du comité de rédaction de la revue Mœbius de 2017 à 2019. En plus de travailler en francisation auprès de nouveaux arrivants, elle est, à l’occasion, chargée de cours en création littéraire à l’Université de Montréal.

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